3# Journal d’une adulte

Aujourd’hui je me suis battue. 

Battue pour mes droits.

Pour ceux des femmes.

J’ai frappé un manifestant contre l’IVG. Je l’ai reconnu. 

C’était lui.

2# Journal d’une adolescente

Aujourd’hui je me suis battue.

Toujours avec la même personne. 

Il me fait chier le plus souvent possible. Les autres me disent qu’il flirte.

Je n’ai pas envie de gâcher la relation étrange que j’ai construite. je préfère frapper plus qu’aimer.

C’est plus simple.

Sans Nom

On peut ignorer tout d’une personne et passer les meilleures moments avec elle.

Le nom est l’information la plus critique.

Il peut tout faire basculer.

Rappeler des mauvais souvenirs. Donner une mauvaise impression. Inspirer un mauvais sentiment.

Gardons nos noms pour nous et vivons.

Portrait

Bourdonnent persifleur insistant aux oreilles pures des innocents.

Sifflement continu susurrant d’une bouche vermeille.

Charmant battement enjôleur de cils noirs comme l’ébène.

Caresses empoisonnées d’une main de soie véritable.

Tel est le portrait du menteur.

1# Journal d’un enfant

Aujourd’hui je me suis battue.

C’était drôle. 

Je sais pas vraiment qui a gagné.

Mais est-ce que ça compte ?

Valet de trèfle

Un cercle d’amis.

Au centre, un tas de cartes.

Chacun en possède un paquet, qu’ils portent sans soucis face cachée.

Ils jouent à la bataille corse.

Un jeu bien innocent.

Un peu violent parfois peut-être.

Mais ce moment d’or, ce moment où l’on ne s’embarrassent pas du poids de nos coeur, ce moment passé ensemble… Il a quelque chose de sacré que je ne veux pas oublier.

Depuis peu, j’ai l’impression de vivre.

Ebauches

L’âme enfantine encore, vaquant dans les bois

J’observais, les yeux couverts d’une buée de soie

Au loin, voler les canards sauvages et les oies

L’enfant court, vole, abreuve le monde de sa gaité

Fait de ce ciel couvert un jour ensoleillé 

S’élance, s’arrête, saute, nage et reparait 

Souriant dans le vide, pour les livres et les faits

.

Tendre innocence que la leur, teintée de mensonges

Et de gamineries farceuses ! Quand vient l’été, 

Les doux angelots s’endorment, bercés par leurs songes,

Eclairant comme les astres le souffle du péché.

L’océan

Comme un rêve délaissé

Comme une t’encre bleutée

Comme un ciel plus foncé

L’écume se brise à mes pieds et laisse sur ma page

Un jet d’encre bleutée entre les lignes sages

Guidant mes mots en vers, transformant en mirage

Mes pensées embrouillées qui vivent de leur âge.

.

Le sable sous mes doigts crisse et glisse dans le vent

laissant mourir des espoirs; préjudices d’aveux,

la côte se creuse et dévoile son visage d’antan

Gravé au gris du ciel, à celui de mes yeux.

Singin’ a song

I’m discovering something

That I’ve been denying

Or at least I think I do

It feels so nice and so new

.

But what could it be

This feeling I ignore

In the depths within me 

My heart is painful and sore

.

And it bangs in my chest

And it tears me apart

I can’t get some rest

It feels like music and art

.

And it bangs it my chest

And I’m feeling alive

I can’t get some rest

This love is enough for five 

Réquisitoire

Les Hommes marchent, courent, volent même, parlent, vivent. Tout leur être respire une intelligence qu’ils ont volée.

Une intelligence marquée par une fabuleuse hypocrisie.

Bien peu sont les francs camarades qui disent ce qu’ils pensent, la nouvelle mode du moment est le mensonge, le théâtre, l’improvisation sans aucune peur des répercussions.

Ivres de bonheur, de mensonges, de fausseries, ils titubent et vacillent, tombent la tête la première dans la vase de leur orgueil.

Mourir enterré vivant, mourir couronné d’honneur; voilà bien peu de choses comparé à la délicieuse sensation d’une vie sociale réussie. Le regard des autres vaut plus que la gloire de soi. « Autres » est plus nombreux de « soi ». « Autres » vaut plus, accaparé « soi », le remplace, le recouvre. « Soi » disparaît.

Exquise hypocrisie que d’affirmer faussement des idées de brique ! Fondées sur les rumeurs, soigneusement bâties de potins et de racontars que cherche la populace avidement.

Doux souffle de serpent respiré dans la nuque, prêt à mordre mortellement l’âme virginale présentée sous es crochets suivants de venin.

Idiotisme ambulant foulant nos pas à l’unisson, répercutant nos erreurs et engouffrant nos espérances dans un gouffre de peur.

Figures

Des figures perdues errent dans les couloirs d’un bâtiment désaffecté. Assis sur les marches d’un escalier à moitié déglingué.

Las de tout, las de vivre, mais aussi las de tenter de mourir – car à chaque fois quelqu’un intervient, les sauve, les arrache à la douce souffrance à laquelle ils se dédiaient pour les envoyer dans le vrai monde, une souffrance, une douleur bien plus grande.

Leur douleur est un boulet, agrippé à leur mollets frêles, leur douleur est un nuage, les libérant des terreurs du monde commun. 

Leurs cris agonisants, leurs visages émaciés et les lambeaux de peau, de tissu, de chair et de vie flottent dans l’air rauque, aux côtés de l’odeur, insistante et précise, de maladie.

Que veulent-ils ?

Rien. Suivre et observer leur suffit.

Qui sont-ils ?

Personne. Ils ont perdu leur identité depuis longtemps.

Où vont-ils ? Qu’imaginent-ils ? Que font-ils ?

Tant de questions sans réponses.

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