Archive pour la Catégorie 'Saynètes'

Cloison

MILLIE- Lycéene.

PAUL- Lycéen.

(La scène est noire, épurée. Au milieu se trouve une boîte ouverte du côté du public. PAUL s’y trouve. MILLIE se trouve à l’extrémité de la scène. Des spots éclairent l’intérieur de la cage. MILLIE est très faiblement éclairée. PAUL sanglote.)

MILLIE- Paul ?

(Paul étouffe ses sanglots. MILLIE s’approche un peu.)

MILLIE- Paul, tes amis sont partis manger. Mais je t’ai vu seul et je sais pas si…

(PAUL reste résolument silencieux. MILLIE croise les mains, les agite, ennuyée.)

MILLIE (précipitament)- Écoute je sais qu’on ne se connait pas beaucoup mais tu ne vas clairement pas bien et je veux t’aider.

(MILLIE se rapproche de la boîte, s’assoit les jambes croisées à la gauche, toujours dans le noir. Silence.)

MILLIE (doucement)- C’est elle, n’est ce pas ?

(Les sanglots de PAUL recommencent. MILLIE regarde PAUL à travers la cloison, puis détourne le regard.)

MILLIE (après un silence)- C’est pas de ta faute. C’est elle. C’est pas toi. (Pause) Et puis, une de perdues dix de retrouvées.

(Les sanglots s’intensifient.)

MILLIE (gênée, après un temps, en marmonnant)- Désolée. Je sais qu’on dit tout le temps ça mais que ça sert à rien. 

(Silence. Paul renifle.)

MILLIE (soupirant)- Que ca soit clair, je sais pas consoler les gens. (En même temps, elle s’assoit dos à la cage, les jambes pliées.) Je n’ai aucune compétence sociale. Je sais pas parler correctement à l’orala.  Je sais pas trouver les bons mots. Je sais juste regarder les gens et savoir pourquoi ils ne vont pas bien. Parfois on a pas besoin de mots. Mais je pense que toi si. Tu t’appuies sur les mots comme sur une épaule. Tu as perdu ton soutilen en même temps que tu perdais ta confiance. Tu as perdu tous tes appuis. Entendre les autres parler te rassure. T’as l’impression de retrouver une vie normale, une banalité confortable. (silence.) Je suis désolée.

(MILLIE soupire à nouveau, et pose sa tête contre la cloison. Elle ferme les yeux. Doucement, PAUL pose aussi sa tête, de l’autre cote. Un spot illumine peu à peu MILLIE.)

Liens

OPHÉLIE – Femme de Marcel.

TÉRÉBENTINE – Jeune fille féministe.

MARCEL – Homme mûr à la vie monotone.

.

(MARCEL et OPHÉLIE, assis dans des fauteuils, se contemplent. TÉRÉBENTINE est debout entre eux, plus loin sur la scène, dans l’ombre.)

OPHÉLIE – Alors c’est vrai.

MARCEL – Oui.

OPHÉLIE – Pourquoi ?

MARCEL – Parce qu’on me l’a dit. C’est ainsi.

(Une sonnerie grave retentit. OPHÉLIE se lève. Elle ouvre une porte imaginaire et découvre TÉRÉBENTINE. la lumière se déplace sur les jeunes femmes tandis que MARCEL est plongé dans l’ombre.)

TÉRÉBENTINE – Bonjour.

OPHÉLIE – Bonjour.

TÉRÉBENTINE – Je participe à l’évènement « Femmes: êtres humains » et j’aurais voulu vous en parler.

OPHÉLIE – Je ne connais pas.

TÉRÉBENTINE – C’est une organisation qui s’occupe à la fois d’associations féministes et de manifestations.

OPHÉLIE – Féministes ?

TÉRÉBENTINE – Oui.

OPHÉLIE – Les femmes qui brûlent leur lingerie et insultent leurs maris ?

TÉRÉBENTINE – Nous travaillons pour défaire ce genre de clichés.

OPHÉLIE – Fort bien.

(OPHÉLIE lui claque la porte au nez. La lumière retourne sur le couple alors qu’OPHÉLIE se rapproche des fauteuils.)

MARCEL – C’était qui ?

OPHÉLIE – Une folle.

(OPHÉLIE et MARCEL se rassoient et OPHÉLIE reprend machinalement sa posture précédente; yeux baissés, mains croisées.)

MARCEL – J’ai un peu soif. va me chercher un thé.

OPHÉLIE – Tout de suite.

(Rideau)




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