Falaise

Le vent souffle entre les feuille soirées.

J’en attrape une sur mon manteau et la balance d’une pichenette sur les graviers.

-C’est l’automne, remarquai)je.

-Ouais.

Le brouillard enveloppe les arbres et dissimule une falaise. Mais je sais qu’elle est là. Je connais le chemin depuis toujours. Petite, mes parents me l’interdisaient. Puis je m’asseyais, adolescente; les jambes dans le vide, et pleurant mes amours perdues. Et adulte…

Le chemin de graviers s’arrête subitement. Je distingue les dernières touffes d’herbe. Je me retourne vers Marc.

-A bientôt, me dit-il. 

-A bientôt… ou pas, je murmure.

Sa silhouette disparait dans la brume. Je lâche:

-Je t’aime, frérot.

Je m’assoie les jambes dans le vide. Comme à l’époque. Je sors un carnet d mon sac et feuillette les quelques pages que j’ai remplies. Je griffonne sur une double page.

Dans quelques minutes, je ne serais plus là.

J’ai décidé de quitter le monde.

A l’automne, quand les feuilles meurent. Je ne suis qu’une feuille de plus sur l’arbre de la vie. Je peux mourir.

Je suis heureuse que mon frère m’ait accompagnée une dernière fois.

Les feuilles tourbillonnent autour de moi. Il est temps que je lâche mon stylo et que je rejoigne l’ombre que m’attend.

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