Archive mensuelle de août 2017

Algues

Je nage. Un petit ruisseau coule au pied de notre maison et la sécheresse de notre cour baignée de soleil m’a forcée à quitter mon nid. J’ai attrapé une serviette, enfilé mon maillot et dévalé la pente qui mène à la rivière. 

L’eau délicieusement fraiche me monte jusqu’au cou. Le courant est plus fort que d’habitude, me forçant à battre vigoureusement des pieds pour garder le niveau. Je m’approche du bord pour avoir pied. Bien campée sur mes jambes au milieu de l’eau tourbillonnante, je fais quelques pas et mon mollet s’enfonce dans un buisson d’algues molles. Je le gigote pour le débarrasser des plantes mais elles entourent ma jambe jusqu’à grimper le long de ma cuisse. J’étouffe un cri de surprise. ma précipitation me fait basculer en arrière alors que je tente de me libérer des lianes aquatiques. Le courant m’emporte en arrière et je respire un grand coup avant d’être plongée sous l’eau.

L’air circule dans ma gorge. Je reprends mon souffle et me réjouis de sentir le vent dans mes poumons. je me lève alors précipitamment. Ou suis-je ? La dernière chose dont je me souviens, c’est d’avoir heurté une pierre dans l’eau et le contact de l’algue et d’écailles sur mon corps. Je plisse les yeux sous la luminosité de la scène. Les rayons du soleil tapent sur un écran transparent, telle une bulle gigantesque. 

Une créature me dévisage. Ses yeux globuleux semblent emprisonner l’iris sous une couche gélatineuse. Son nez est constitué de deux narines, écartées sur chacune de ses joues écailleuses. Et sa bouche et cerclées de lèvres épaisses, sans variations dans leur forme ou régularité.

Je n’ai pas le temps de réagir que la chose s’approche de moi. Elle plante un doigt (relié aux autres par une membrane de peau élastique) sur mon torse et seulement là remarqué-je le reste de son corps que j’avais imaginé humanoïde. Ses épaules continuent sa mâchoire, sans cou pour délimiter la tête. Ses bras longs et filiformes semblent flotter, comme si dénués de muscles. Son torse de finit sur une vague de peau semblable à une nageoire. au niveau des hanches humaines s’ouvrent et se ferment rythmique lent des branchies d’où s’échappe en vain un courant d’air horrifié. 

Emerveillée par la créature, je ne remarque qu’a peine son doigt qui s’enfonce dans mon coeur ni sa bouche qui s’ouvre, dévoilant trois rangées de dents et toute la noirceur de l’océan.

Banquet

Un banquet est organisé. On nous sert des parties du corps humain; sept morceaux parmi lesquels une tête et un avant bras. Je ne distingue pas les invités. Soudain; une fille s’avance devant les tables en forme de U et clame que les morceaux de viande humaine sont les siens. Je proteste: c’est impossible. Ma voisine de gauche me montre comment faire des effets spéciaux avec de la nourriture. Le faux bras qu’elle a réalisé est sucré. Ma viande est filandreuse; pleine de sang et de nerfs. Je me force à l’avaler.




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