Modestie

Partout où je vais j’observe 

Les sourires aisés des gagnants
Et les cris des moins chanceux
Et à côté du faux cul vaniteux
Les vraies larmes du perdant

Bouclier

J’ai une tactique quand je suis triste. 

Je ne veux pas lever la tête parce que la bonne humeur ambiante m’écoeure, et me rappelle que moi, je ne suis pas de bonne humeur.
Mais je ne peux pas baisser systématiquement la tête, parce que c’est quand même ennuyeux.
Du coup je laisse un rideau de cheveux devant mes yeux. Sur la partie gauche de mon visage.
J’ai l’impression que cette mèche me protège, me coupe du monde. En écrivant, là, elle effleure les lignes de la page et me centre sur moi même.
Une mèche de cheveux comme bouclier.
Je suis vraiment étrange.
Ou trop émotive.

Ancre d’encre

You’re my anchor 

But you’re rusty from helping me
You want to fly away
But you’ve got no wings
I cut them when I tied you to me.

Unknown

Don’t know what to say 

Don’t know what to do 

I hope to  meet your face but I
Know it’s not right for you

Don’t know what to say 
Don’t know what to do 
Whatever may be happening it’s 
Nowhere near to what I hope

Don’t know what to say 
Don’t know what to do
I feel like you’re my anchor but you
Want to fly away from me

Don’t know what to say 
I need you I want you
Don’t know what to do
I can’t pretend I’m okay

 

Cloison

MILLIE- Lycéene.

PAUL- Lycéen.

(La scène est noire, épurée. Au milieu se trouve une boîte ouverte du côté du public. PAUL s’y trouve. MILLIE se trouve à l’extrémité de la scène. Des spots éclairent l’intérieur de la cage. MILLIE est très faiblement éclairée. PAUL sanglote.)

MILLIE- Paul ?

(Paul étouffe ses sanglots. MILLIE s’approche un peu.)

MILLIE- Paul, tes amis sont partis manger. Mais je t’ai vu seul et je sais pas si…

(PAUL reste résolument silencieux. MILLIE croise les mains, les agite, ennuyée.)

MILLIE (précipitament)- Écoute je sais qu’on ne se connait pas beaucoup mais tu ne vas clairement pas bien et je veux t’aider.

(MILLIE se rapproche de la boîte, s’assoit les jambes croisées à la gauche, toujours dans le noir. Silence.)

MILLIE (doucement)- C’est elle, n’est ce pas ?

(Les sanglots de PAUL recommencent. MILLIE regarde PAUL à travers la cloison, puis détourne le regard.)

MILLIE (après un silence)- C’est pas de ta faute. C’est elle. C’est pas toi. (Pause) Et puis, une de perdues dix de retrouvées.

(Les sanglots s’intensifient.)

MILLIE (gênée, après un temps, en marmonnant)- Désolée. Je sais qu’on dit tout le temps ça mais que ça sert à rien. 

(Silence. Paul renifle.)

MILLIE (soupirant)- Que ca soit clair, je sais pas consoler les gens. (En même temps, elle s’assoit dos à la cage, les jambes pliées.) Je n’ai aucune compétence sociale. Je sais pas parler correctement à l’orala.  Je sais pas trouver les bons mots. Je sais juste regarder les gens et savoir pourquoi ils ne vont pas bien. Parfois on a pas besoin de mots. Mais je pense que toi si. Tu t’appuies sur les mots comme sur une épaule. Tu as perdu ton soutilen en même temps que tu perdais ta confiance. Tu as perdu tous tes appuis. Entendre les autres parler te rassure. T’as l’impression de retrouver une vie normale, une banalité confortable. (silence.) Je suis désolée.

(MILLIE soupire à nouveau, et pose sa tête contre la cloison. Elle ferme les yeux. Doucement, PAUL pose aussi sa tête, de l’autre cote. Un spot illumine peu à peu MILLIE.)

Silence

Tu écris parce que tu ne parles pas. Il faut bien poser des mots sur ce qu’on est, ce qu’on ressent et ce qu’on vit. Donc tu écris.

Et si « je » est un autre alors c’est pourquoi « tu » est mon identité. Tu te débarrasses ainsi du problème. Lâche.

C’est lâche, ça, de prendre des raccourcis. De sauter un problème. De tourner le dos à tes difficultés, et de les contourner. Tu es lâche.

Tu n’es pas parfaite. « Tu » n’es pas parfait non plus. Mais tu es forte, tu es en vie et tu es capable de tout. Si go get it girl.

Expliquer l’inexplicable

J’ai ri, j’ai gueulé, j’ai tressailli, j’ai plaisanté. 

Aujourd’hui commençait comme chaque aujourd’hui. Matin froid, réveil tôt, et blagues vaseuses des le petit déjeuner pour tenter d’éveiller son esprit.

Ce n’est qu’après l’avoir vu -et subi le vent qu’il m’a foutu- puis avoir magnifiquement gaffé auprès de tierces personnes que je réalise. Je me suis peut être trompée sur mes émotions. 

Je ne sais pas ce que je ressens, je tente seulement de poser des mots sur un vague émotionnelle. 

Je ne sais pas de quoi je suis capable, ce que je suis; je pense seulement ne pas être capable de me limiter aux murs que personne ne franchit. 

Mes émotions sont un merdier, un tas indénouable de problèmes et de conflits, de solutions inachevées et de martyrs inconnus. 

Je passe mon temps à conseiller les autres alors que je n’ai aucune compétence requise. J’aurais bien besoin d’aide moi même, rien que pour démêler mes sentiments. Mes idées noires.

Point.

Esquisse

Je ne veux que l’ébauche de ton visage

Et tes larmes salées

Je ne veux que tes yeux de mirage

Et tes prunelles rêvées.

Boum.

C’est comme une longue traînée de poudre explosive offerte à la mèche d’un briquet.

Ou un accident de voiture, quelques secondes avant l’impact, où les verres de brisent, avant que l’on ait le souffle coupé.

Un fleuve délicieusement frais lors dun jour de canicule, un fleuve profond et noueux, tourmenté, aux mille et une vagues qui tourbillonent dans un courant vengeur.

Un doux poison, une drogue, un peu d’eau sucrée dont on ne se passe, une saveur douce comme le printemps et amère à l’arrière goût; quand on s’attend au bouquet final.

Néant

Je sais pas quoi écrire.

C’est tout vide dans ma tête.

Un gouffre d’infinies pensées qui désertent le ciel, et vont se nicher, doucement, aux tréfonds de mon âme, la ou, inaccessibles, elles savent que jamais je n’irais les détruire. 

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